Le SRIHV de Lausanne : 25 ans au service de l’autonomie

homme non voyant à l'ordinateur

Image d’illustration ( Mikhail Nilov / Pexels.com)

À l’occasion des 25 ans du Service romand d’informatique pour handicapés de la vue (SRIHV) de Lausanne, je souhaite partager mon expérience et expliquer l’importance que ce service a eu dans mon parcours. Pour une personne malvoyante, l’accès à l’informatique, à la formation, à la culture et à l’information est essentiel pour pouvoir rester autonome et participer pleinement à la société.

Le SRIHV accompagne les personnes ayant une déficience visuelle dans l’utilisation des outils informatiques et des nouvelles technologies. Il propose notamment des solutions adaptées aux besoins de chacun, comme les lecteurs d’écran, les logiciels d’agrandissement ou encore différentes technologies permettant d’accéder plus facilement à l’information.

Étant moi-même malvoyant, j’ai eu à plusieurs reprises recours au SRIHV afin de bénéficier d’un accompagnement et d’une aide dans le domaine informatique. Au fil des années, j’ai eu la chance d’être accompagné par plusieurs personnes, notamment Monsieur Nanchen, qui a depuis pris la direction du service, ainsi que Monsieur Christophe Oberson, lui-même malvoyant et membre de l’équipe.

Je garde un souvenir particulièrement reconnaissant de l’aide apportée par Monsieur Oberson. Il n’hésitait pas à se déplacer jusqu’à mon domicile lorsque cela était nécessaire, notamment pour effectuer des installations informatiques ou résoudre des difficultés techniques. Ces interventions représentaient pour moi bien plus qu’une simple assistance informatique : elles me permettaient de rester autonome et de continuer à utiliser les outils numériques dans ma vie quotidienne.

Une école et un accompagnement adaptés

Le SRIHV joue également un rôle important dans l’apprentissage et la formation des personnes déficientes visuelles. L’objectif n’est pas simplement d’apprendre à utiliser un ordinateur, mais de permettre à chaque personne de trouver les outils qui correspondent à ses besoins et de développer son autonomie.

Grâce à cet accompagnement, les nouvelles technologies deviennent un véritable moyen de communication, d’apprentissage et d’accès à la culture. Elles permettent notamment de travailler, de se former, de communiquer avec les autres et d’effectuer de nombreuses tâches de manière indépendante.

Cet accompagnement est particulièrement important, car les technologies évoluent constamment. Pour une personne malvoyante, il peut parfois être difficile de suivre ces changements seule. Pouvoir compter sur des professionnels qui connaissent les différentes solutions d’accessibilité représente donc une aide précieuse.

Une belle rencontre avec Céline Witschard

Parmi les belles rencontres que j’ai pu faire dans le domaine de l’accessibilité, je souhaite également évoquer celle avec Céline Witschard, cofondatrice de MonaLira.

Cette rencontre m’a particulièrement marqué, car Céline est elle-même concernée par une déficience visuelle. Son parcours et son engagement montrent qu’une difficulté peut aussi devenir une force et permettre de donner naissance à de magnifiques projets.

Grâce à MonaLira, j’ai découvert une autre manière de rendre la culture et la littérature accessibles. Cette médiathèque numérique permet aux personnes qui ne peuvent pas lire facilement les livres imprimés, notamment les personnes aveugles ou malvoyantes, d’accéder à de nombreux ouvrages dans des formats adaptés.

J’ai beaucoup apprécié de pouvoir échanger avec Céline, car nous partageons une réalité commune : celle de devoir trouver des solutions pour accéder à l’information, à la culture et aux nouvelles technologies malgré une déficience visuelle.

Cette rencontre m’a fait prendre encore davantage conscience de l’importance de l’accessibilité. Pour une personne malvoyante, pouvoir lire un livre, accéder à une information ou utiliser un outil informatique de manière autonome n’est pas un luxe. C’est une véritable liberté.

25 ans d’une mission essentielle

En repensant aujourd’hui aux 25 ans du SRIHV, je mesure le chemin parcouru. Les aides informatiques que j’ai reçues, les personnes qui m’ont accompagné au fil des années et les projets qui rendent la culture et les technologies plus accessibles montrent l’importance de cette mission.

Le SRIHV représente pour moi bien plus qu’un service informatique ou qu’un lieu de formation. C’est un soutien qui permet aux personnes malvoyantes de gagner en autonomie, de développer leurs compétences et de continuer à prendre pleinement leur place dans la société.

Les 25 ans du SRIHV sont donc l’occasion de remercier toutes les personnes qui ont contribué et qui contribuent encore à faire vivre cette belle mission. Je garde une profonde reconnaissance envers celles et ceux qui m’ont accompagné, conseillé et aidé au fil des années.

À travers mon témoignage et ma rencontre avec Céline Witschard, je souhaite montrer qu’avec les bons outils, un accompagnement adapté et des personnes engagées, une déficience visuelle ne doit pas empêcher d’apprendre, de travailler, de découvrir la culture ou simplement de vivre de manière autonome.

Joyeux 25e anniversaire au SRIHV, et merci pour votre engagement en faveur de l’accessibilité et de l’autonomie.

L’invité de la rédaction : Rachid Benaissa Staili