À la rencontre d’Eloïse Vallat, autrice

Par Celya
Eloïse Vallat
Eloïse Vallat, chroniqueuse à la Der Photo Lib / Charly Rappo, Hauteville, 14.08.2024

Une de mes passions est l’écriture. Je suis d’ailleurs sur le point de publier mon troisième conte. Début novembre, je suis tombée sur un article du journal « La Liberté » qui avait comme thématique l’accompagnement individuel de personnes en situation de handicap, pour la rédaction et la publication de leurs ouvrages. La personne qui réalise cette activité se nomme Eloïse Vallat et j’ai eu la chance de l’interviewer.

Installée depuis près de quinze ans à Gruyères, Eloïse Vallat mène une vie professionnelle où se rejoignent chiffres et mots. Comptable de formation, elle consacre pourtant une large part de son temps à sa véritable passion : l’écriture. Nouvelles, chroniques, notamment pour « La Liberté », elle affectionne les formats courts, qui lui permettent d’explorer des voix et des univers variés.

Au-delà de sa propre production littéraire, elle s’engage avec conviction pour la démocratisation de l’écriture. Ateliers ouverts au public, accompagnements individuels, projets inclusifs : elle multiplie les initiatives pour rendre la création accessible à toutes et à tous. L’un de ses engagements les plus marquants est le projet « Écrire à l’inconditionnel », soutenu par le canton de Fribourg, dans le cadre duquel elle a accompagné deux personnes en situation de handicap dans la rédaction de leur roman.
Eloïse Vallat a un parcours professionnel autodidacte. En Suisse, il n’existe pas de véritable formation officielle en écriture littéraire. Elle a donc bâti son savoir-faire au fil des années, guidée par la pratique régulière, la curiosité et l’intégration progressive dans les réseaux artistiques. Elle est fidèle à une approche qui privilégie l’expérience et le geste d’écrire avant tout.

Comment définiriez-vous votre rôle, dans l’écriture ou l’accompagnement ?

Mon rôle est d’aider et de soutenir les personnes dans leur projet littéraire, sans jamais décider à leur place. Les personnes arrivent en général avec une idée assez précise ou un premier jet. Elles me soumettent leur texte et, selon ce qu’on a décidé de travailler ensemble, je leur fais des retours argumentés. Pour un roman, je travaille souvent sur les ressorts narratifs : cohérence des personnages, crédibilité, rythme, intrigue… Quand il s’agit d’un récit de vie ou d’un projet plus personnel, mon rôle est parfois plus technique : aide à la mise en forme, à la correction, à l’autoédition. L’objectif, c’est vraiment que chacun puisse aller au bout de son projet.

Qu’est-ce qui vous motive à travailler avec des personnes en situation de handicap ?

C’est vraiment l’envie de rendre l’écriture accessible. Beaucoup de gens aimeraient écrire, mais ne savent pas par où commencer. Certaines personnes ont des récits importants à raconter, ou simplement l’envie de créer une histoire, mais elles manquent d’outils ou d’autonomie dans certaines étapes. Dans ces cas-là, je me vois comme un soutien pour que leur projet puisse exister.

Par exemple, j’ai accompagné une dame atteinte de schizophrénie qui souhaitait écrire son récit de vie. Elle n’utilise pas du tout l’ordinateur, donc j’ai retranscrit son manuscrit, fait les corrections, la mise en page et l’impression. Une autre personne, hémiplégique, a écrit une trilogie de romance. Là, le travail s’est concentré sur la cohérence narrative, car elle pouvait s’occuper elle-même de la correction et de l’édition.
Chaque accompagnement est vraiment unique. Leurs histoires sont passionnantes et elles sortent des cadres habituels de l’édition classique. Elles apportent d’autres perspectives, expériences de vie et d’autres imaginaires. J’adore découvrir ces récits. Je trouve important qu’ils puissent exister.

Des projets ?

Je viens d’obtenir une subvention du canton de Fribourg pour des animations littéraires dans l’espace public, notamment sur les marchés de Noël. Les gens s’arrêtent au stand et écrivent quelques mots : une phrase, un poème, un dessin… C’est une manière simple et spontanée de renouer avec l’écriture. Les gens disent souvent : « Je ne sais pas écrire », mais une fois lancés, ils produisent des choses très belles et très surprenantes.

Mon commentaire

J’étais contente d’avoir échangé avec Eloïse. Je ne la connaissais pas, mais j’en ai appris plus sur elle à travers cette interview. Je me posais des questions : est-ce qu’un jour j’aurai la chance de voir mes trois romans dans une librairie ou sont-ils destinés uniquement au cercle restreint de mes proches ? J’ai pu me dire que l’écriture de mes romans est quelque chose que je dois continuer. Je ne veux pas rester bloquée dans mon écriture. Je souhaite que mes livres prennent vie ! J’aimerai que ma passion se répande dans le monde ! En tout cas, moi, j’y crois ! Si l’on ne croit pas à ses rêves, qui le fera à notre place ?

Éloïse Vallat m’a fait comprendre que l’écriture n’avait de limite que l’imagination !

Pour en savoir plus

Eloïse Vallat a créé à Bulle « Les Ateliers Eloïz » qui proposent différentes activités d’écriture.

 www.eloiz-ecrit.com

À Genève, on trouve un site très dynamique où les personnes peuvent autopublier leurs textes.

https://webstory.ch